Guides29 octobre 202610 min
Vitesse d’un site internet : comment la tester gratuitement
Par l’équipe Studio MargelleRelu par Corentin, fondateur et développeur web
Un site lent fait fuir les visiteurs avant même qu’ils aient vu votre offre. Voici comment tester gratuitement la vitesse d’un site internet avec les outils de Google, lire correctement les résultats et corriger les causes de lenteur par ordre de priorité.
Pourquoi la vitesse d’un site internet compte autant
Un visiteur qui clique sur votre site depuis Google n’a aucune patience. S’il voit une page blanche, un texte qui saute pendant le chargement ou un bouton qui ne réagit pas, il revient en arrière et choisit le résultat suivant. Vous avez payé, d’une manière ou d’une autre, pour qu’il arrive jusqu’à vous, et vous le perdez avant qu’il ait lu une ligne.
La vitesse est aussi un critère que Google mesure. Avec les Core Web Vitals, appelés Signaux Web essentiels en français, Google évalue la rapidité d’affichage, la réactivité et la stabilité visuelle des pages à partir de l’expérience réelle des internautes. Ces indicateurs font partie de ce que Google considère comme l’expérience sur la page, au même titre que l’affichage mobile et la sécurité HTTPS.
Bonne nouvelle : mesurer la vitesse d’un site ne coûte rien. Les outils officiels de Google sont gratuits, et une demi-heure suffit pour savoir où vous en êtes. Le plus difficile n’est pas de lancer un test, c’est d’en interpréter correctement les résultats.
Les outils gratuits pour tester la vitesse d’un site
Trois outils, tous édités par Google, couvrent l’essentiel des besoins. Ils ne mesurent pas exactement la même chose, et c’est précisément ce qui les rend complémentaires.
Test de vitesse Google : utiliser PageSpeed Insights
PageSpeed Insights est le test de vitesse de Google le plus connu. Il suffit de saisir l’adresse d’une page sur pagespeed.web.dev pour obtenir deux types de résultats, qu’il faut absolument distinguer.
La partie haute affiche, quand Google en dispose, les données de terrain : elles proviennent du Chrome User Experience Report (CrUX), c’est-à-dire de vrais internautes ayant visité la page avec Chrome sur les 28 derniers jours. C’est ce que vivent réellement vos visiteurs, et c’est ce que Google utilise pour les Core Web Vitals. Un site qui reçoit peu de visites peut ne pas avoir assez de données : l’outil l’indique alors clairement.
La partie basse affiche les données de laboratoire, produites par Lighthouse : un chargement simulé de la page dans des conditions fixes, sur un appareil mobile de milieu de gamme avec une connexion mobile, ou sur un ordinateur. Elle aboutit au fameux score de performance, sur 100 : de 90 à 100, il est jugé bon ; de 50 à 89, il doit être amélioré ; en dessous de 50, il est faible.
Ce score est utile pour comparer avant et après une correction, mais il ne faut pas en faire une obsession. Il varie d’un test à l’autre, il repose sur une simulation, et un site peut avoir un score moyen tout en offrant une bonne expérience réelle, ou l’inverse. Quand les deux sources divergent, ce sont les données de terrain qui font foi.
Comment lire les Core Web Vitals : LCP, INP et CLS
Les Core Web Vitals sont trois indicateurs. Google publie sur web.dev des seuils officiels, évalués au 75e centile : pour qu’une page soit jugée bonne, au moins 75 % des visites doivent atteindre le seuil, séparément sur mobile et sur ordinateur.
Le LCP (Largest Contentful Paint) mesure le temps d’affichage du plus grand élément visible au chargement, souvent une photo ou un titre. L’INP (Interaction to Next Paint) mesure le délai entre une interaction (toucher un bouton, ouvrir un menu) et la réaction visible de la page ; il a officiellement remplacé le FID (First Input Delay) comme Core Web Vital le 12 mars 2024. Le CLS (Cumulative Layout Shift) mesure les décalages inattendus de la mise en page, ceux qui font cliquer au mauvais endroit.
Pour approfondir ces notions, notre fiche Core Web Vitals du glossaire en reprend les définitions.
Vérifier la vitesse de tout son site avec la Search Console
PageSpeed Insights teste une page à la fois. Pour vérifier la vitesse de tout un site, le bon outil est la Google Search Console, gratuite elle aussi, et son rapport « Signaux Web essentiels ». Il s’appuie sur les mêmes données réelles CrUX, sur 28 jours, et classe les adresses du site en trois catégories : « Bon », « Amélioration nécessaire » et « Médiocre ». Chaque groupe prend le statut de son indicateur le plus faible.
Le rapport regroupe les pages qui se ressemblent, par exemple toutes vos fiches produits ou tous vos articles. C’est pratique : un problème détecté sur un groupe vient généralement du gabarit commun, et une seule correction règle des dizaines de pages. Après correction, un bouton permet de demander une validation, que Google suit sur une période de 28 jours.
Pour un site à faible trafic, le rapport peut rester vide faute de données suffisantes. Dans ce cas, appuyez-vous sur les tests de laboratoire, en gardant à l’esprit qu’ils restent une simulation. Si vous n’avez jamais configuré l’outil, notre guide de la Search Console pour débutant explique la mise en place pas à pas.
Les causes fréquentes d’un site internet lent
Avant de chercher les causes, comparez toujours les résultats mobile et ordinateur. Un site rapide sur un ordinateur de bureau relié à la fibre peut être pénible sur un téléphone en 4G dans une rue passante, et c’est souvent là que se trouvent vos clients. PageSpeed Insights et la Search Console présentent d’ailleurs les deux séparément : c’est le résultat mobile qu’il faut regarder en premier.
Sur les sites de TPE et de commerçants, les mêmes causes reviennent dans la grande majorité des cas. Chacune touche un indicateur précis, ce qui aide à orienter les corrections :
- Des images trop lourdes : photos importées telles qu’elles sortent de l’appareil, sans redimensionnement ni format moderne (WebP, AVIF) ; c’est la première cause de LCP lent
- Un hébergement sous-dimensionné : serveur mutualisé saturé, éloigné de vos visiteurs, sans cache ; le temps de réponse initial du serveur retarde tout le reste
- Trop de scripts tiers : chat, widgets de réseaux sociaux, outils de suivi, bannières publicitaires ; ils alourdissent le chargement et dégradent l’INP
- Un thème ou un constructeur de pages surchargé, avec des dizaines d’extensions qui chargent chacune leurs fichiers sur toutes les pages
- Des polices web mal chargées, qui provoquent un texte invisible ou un changement brutal de typographie
- Des images, publicités ou bannières de cookies sans dimensions réservées, qui poussent le contenu vers le bas : c’est la cause principale d’un mauvais CLS
- Une vidéo de fond ou un carrousel en tête de page, souvent l’élément le plus lourd de tout le site
Améliorer la vitesse de son site : les correctifs par priorité
Inutile de tout traiter en même temps. Les corrections ci-dessous sont classées de la plus rentable à la plus technique ; les premières sont souvent à votre portée, les suivantes demandent l’intervention d’un développeur.
Sur un site WordPress, les extensions et le thème concentrent souvent l’essentiel du problème : notre article sur les causes et solutions d’un site WordPress lent détaille les vérifications propres à ce CMS. Quand la lenteur vient de la conception même du site, avec un constructeur de pages lourd et un thème impossible à alléger, une refonte orientée performance devient souvent plus raisonnable que les optimisations successives.
- 1. Compresser et redimensionner les images, servir des formats modernes, et différer le chargement des images situées sous la ligne de flottaison
- 2. Supprimer ce qui ne sert pas : extensions inutilisées, scripts tiers oubliés, widgets décoratifs, carrousel d’ouverture
- 3. Réserver la place des éléments (largeur et hauteur des images, emplacement des bannières) pour supprimer les décalages de mise en page
- 4. Activer le cache et, si vos visiteurs sont dispersés, un réseau de diffusion de contenu (CDN)
- 5. Passer à un hébergement adapté, avec un temps de réponse serveur maîtrisé
- 6. Optimiser le code : charger les scripts en différé, limiter le JavaScript exécuté au chargement, précharger l’image principale et les polices
Faire tester la vitesse de son site par un professionnel
Les outils gratuits disent ce qui ne va pas ; ils disent rarement par quoi commencer pour votre site en particulier, ni ce que chaque correction va réellement changer. Un rapport PageSpeed peut lister vingt recommandations dont trois seulement comptent vraiment.
C’est l’objet de notre audit gratuit de site internet : nous analysons les données réelles et les tests de laboratoire, identifions les causes de lenteur propres à votre site, et vous remettons une liste de corrections classées par impact. Vous pouvez ensuite les confier à votre prestataire actuel, les faire vous-même, ou nous demander un devis gratuit pour les réaliser.
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