Comparatifs26 octobre 20268 min
Site internet sans abonnement : acheter ou louer son site ?
Les offres de sites en abonnement mensuel se multiplient : rien à payer au départ, tout compris, résiliable. Face à elles, le site acheté une fois, livré et à votre nom. Les deux modèles ne vendent pas la même chose, et la différence se voit surtout au bout de cinq ans.
Deux modèles qui ne vendent pas la même chose
La location d’un site internet fonctionne comme la location d’un local commercial : vous payez chaque mois pour l’utiliser, et vous le rendez quand vous partez. L’achat fonctionne comme la construction d’un local : vous payez la réalisation une fois, puis vous assumez des frais d’entretien faibles, et le bien vous appartient.
L’analogie a ses limites, mais elle éclaire le point central : un site loué ne vous appartient pas. Ni le code, ni souvent le nom de domaine, ni parfois les contenus que vous y avez mis. Un site acheté est un actif de votre entreprise, comme votre matériel ou votre fichier clients.
Aucun des deux modèles n’est une arnaque par nature. Mais les offres de location sont presque toujours présentées sous leur meilleur jour, celui du premier mois, alors que leur vrai coût se mesure sur la durée. C’est ce calcul que nous proposons de faire ici, posément.
La location : ce que l’abonnement comprend vraiment
Une offre de location typique comprend la création du site à partir d’un modèle, l’hébergement, le nom de domaine, un certificat de sécurité et un nombre limité de modifications par an. Le tout pour un loyer mensuel, souvent avec un engagement de douze à quarante-huit mois. Le prestataire se rémunère sur la durée, ce qui lui permet d’afficher un démarrage sans frais.
Ce qui n’est pas dit aussi clairement : le site tourne sur la plateforme du loueur. Le code lui appartient. Le nom de domaine est fréquemment enregistré à son nom, ou dans son compte. Les textes et photos que vous fournissez restent les vôtres sur le papier, mais vous n’avez pas de moyen simple de les récupérer dans un format réutilisable.
Les modifications sont comptées. Changer un horaire, ajouter une prestation, remplacer une photo : chaque demande entre dans un quota, et le dépassement se facture. Le quota paraît large la première année ; il devient une contrainte dès que votre activité évolue.
Enfin, l’engagement joue dans un seul sens. Vous êtes tenu de payer jusqu’au terme ; le loueur, lui, peut changer sa plateforme, ses conditions ou cesser son activité. Dans ce dernier cas, votre site disparaît avec lui.
L’achat : un site livré, à votre nom
Avec un site acheté, le prestataire conçoit, développe et livre. À la fin, vous disposez du code source, le nom de domaine est enregistré à votre nom et l’hébergement est souscrit dans un compte qui vous appartient. Le prestataire peut gérer tout cela pour vous, mais il le fait en votre nom, pas à votre place.
Les frais récurrents se limitent au nom de domaine et à l’hébergement, qui représentent quelques dizaines d’euros par an pour un site de petite entreprise. La maintenance, elle, est optionnelle : vous pouvez la confier au prestataire, la confier à quelqu’un d’autre, ou vous en passer tant que le site n’a pas besoin d’évoluer.
C’est le modèle que nous pratiquons pour chaque site internet que nous réalisons : le site est à vous le jour de la livraison, et vous restez libre de changer d’interlocuteur. Un site conçu de cette manière peut vivre cinq ou dix ans et traverser une refonte sans jamais repartir de zéro.
L’achat demande un budget initial que la location étale. C’est sa seule vraie contrainte, et elle est réelle pour une entreprise qui démarre. Nous donnons les ordres de grandeur dans notre article sur les prix d’un site internet.
Le coût total sur cinq ans
Le mois de départ favorise la location. La comparaison honnête se fait sur la durée de vie du site, cinq ans étant une base raisonnable pour un site de petite entreprise.
En location, vous additionnez soixante loyers, plus les modifications hors quota, plus les frais de sortie éventuels. Au bout de cinq ans, vous avez payé, et vous ne possédez rien. Si vous souhaitez partir, il faut tout refaire ailleurs.
À l’achat, vous payez la réalisation une fois, puis cinq années de domaine et d’hébergement, plus la maintenance si vous la choisissez. Au bout de cinq ans, vous possédez un site, un nom de domaine qui a accumulé de l’historique auprès de Google, et des contenus réutilisables pour la version suivante.
Dans la grande majorité des cas que nous rencontrons, les deux colonnes se rejoignent bien avant la cinquième année, puis la location continue de courir. Faites le calcul avec les chiffres de l’offre qu’on vous propose : multipliez le loyer par soixante, ajoutez les options, et comparez à un devis d’achat détaillé.
Comparatif en un coup d’œil
Les critères qui comptent, mis côte à côte. La dernière colonne correspond à ce qu’il faut exiger d’un prestataire qui vend un site plutôt qu’il ne le loue.
Les cas où la location se défend
Nous ne pensons pas que la location soit toujours un mauvais choix. Elle se défend dans trois situations.
Une activité temporaire ou saisonnière : un événement, un pop-up store, un projet dont la durée de vie est connue et courte. Louer un site douze mois pour une activité de douze mois est cohérent.
Un test avant d’investir : vous lancez une nouvelle activité et vous n’êtes pas certain qu’elle tienne. Un site loué un an vous permet de vérifier que des clients vous trouvent avant d’engager un budget. À condition d’avoir vérifié que le nom de domaine est à votre nom, pour pouvoir le conserver ensuite.
Une trésorerie réellement contrainte au démarrage, sans aucune marge pour un investissement initial. Dans ce cas, la location est un pont. Il faut alors regarder la durée d’engagement, les conditions de sortie et prévoir de basculer vers un site acheté dès que la trésorerie le permet.
En dehors de ces cas, pour une entreprise installée qui compte être là dans cinq ans, l’achat est presque toujours le choix le plus sain.
Les questions à poser avant de signer une location
Si vous envisagez quand même une offre en abonnement, ces questions séparent les offres correctes des pièges. Exigez des réponses écrites.
- Le nom de domaine est-il enregistré au nom du client ? Est-il transférable ailleurs à la fin du contrat, et à quel coût ?
- Quelle est la durée d’engagement, et que se passe-t-il en cas de résiliation avant le terme ?
- Combien de modifications sont comprises par an, et quel est le tarif au-delà ?
- Les textes et les images sont-ils récupérables dans un format exploitable en cas de départ ?
- Le site est-il livré avec un certificat HTTPS, et qui en assure le renouvellement ?
- Que devient le site si votre société cesse son activité ou est rachetée ?
- Existe-t-il une option de rachat du site en fin de contrat ?
Comment sortir d’un contrat de location
Si vous êtes déjà engagé et que vous souhaitez reprendre la main, la sortie se prépare dans l’ordre, et elle commence bien avant la date de résiliation.
Le nom de domaine d’abord. S’il est à votre nom, demandez le code de transfert et déplacez-le vers un registrar que vous contrôlez. S’il est au nom du loueur, demandez par écrit sa cession : certains acceptent, d’autres non. Dans ce dernier cas, il faudra choisir un nouveau domaine et accepter de repartir avec un historique vierge auprès de Google, ce qui plaide pour agir vite.
Les contenus ensuite. Copiez chaque page dans un document, téléchargez chaque image en pleine résolution, notez l’adresse exacte de chaque page. Vous le ferez à la main si aucun export n’est proposé, mais c’est le prix d’un redémarrage propre.
Les redirections enfin. Si vous conservez le domaine, chaque ancienne adresse de page doit renvoyer vers la nouvelle par une redirection 301, pour ne pas perdre les positions acquises et pour que les liens existants continuent de fonctionner. Si vous changez de domaine et que le loueur l’accepte, demandez une redirection globale de l’ancien vers le nouveau pendant au moins un an. Le détail de cette bascule est dans changer de site sans perdre son référencement.
Enfin, ne coupez pas l’ancien contrat avant que le nouveau site soit en ligne et que les redirections soient testées. Quelques semaines de double paiement coûtent moins cher qu’un trou de visibilité. Si vous hésitez sur la marche à suivre, notre guide de la refonte couvre le même terrain, et un audit gratuit de votre site actuel permet de savoir ce qu’il vaut la peine de conserver.
Questions fréquentes
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